La lettre d’information

La lettre COS n°8
Décembre 2012

L’Edito

Une fois n’est pas coutume dit-on et pour cet édito, je parlerai depuis ma position de fondateur du COS® et de son Réseau. Le COS® trouve un écho certain à en juger par le nombre des occurrences internet qu’il génère, la vente du livre éponyme qui a connu récemment un nouveau tirage. Des liens sont en train de se tisser à l’échelle européenne sur la pratique « orientée solution ». Et puis bon nombre de coachs se réclament du COS® sans y avoir été, comme tels, formés. Ce qui est d’un certain point de vue, un bon signe ! C’est bien parce que le COS® a ses singularités, et qu’elles ne vont pas de soi que le Réseau a vu le jour.

Le Réseau a vocation à renforcer les pratiques de ceux qui s’engagent, post-formation, dans la pratique professionnelle. C’est l’impulsion que j’ai souhaité donner. Et puis d’autres effets de sens surgissent : le COS® se spécifie (notamment) en s’appuyant sur la coopération. De là à s’engager dans la voie du COS® solidaire… le pas est maintenant franchit. Le coach solidaire est une façon particulière, en changeant de cadre, de mettre au travail ses pratiques mais aussi ses paradigmes personnels… L’altérité y gagne quelque chose, la professionnalité aussi. Le Réseau lui-même est fondé sur une philosophie coopérative : pas de structure formelle mais des initiatives, des liens, des actions qui le font vivre, lui donne forme et le structure par l’expérience. Le Réseau, c’est alors chacun de ceux qui s’y engagent. La dimension informelle qui fait la singularité de Réseau COS® n’exclut pas la structure et peut évoluer vers d’autres modèles si cela devenait nécessaire. Pas d’action, pas de projet sans structure. Ici, la structure n’est pas posée a priori mais elle émerge par l’action, disons qu’elle se co-construit…et il m’appartient d’en être garant. Le pari que je vous invite à relever ensemble au travers du Réseau : incarner dans ses modalités de fonctionnement les principes mêmes du COS®. Ou, pour le dire autrement, mobiliser les fondements et la philosophie du COS® au service du Réseau COS® lui-même. Le Réseau comme champ expérimental du COS®, une façon de poursuivre la mise au travail des savoirs, des expériences, des pratiques…

Philippe BIGOT

Des nouvelles du réseau COS®

Un nouveau groupe COS® en Rhône-Alpes est né. Bienvenu à Thierry et ses co-coachs.

Collectif Rédactionnel : « Thierry, peux-tu nous dire ce qui s’est passé pour votre premier rendez-vous ? »

Thierry Dolbeau : « Pour notre première réunion COS® à Lyon nous étions 4 personnes sur 10 invités. Nous avons pris un long moment pour faire connaissance et définir ce que nous voulions faire pour l'avenir.

Nos réunions pourront avoir lieu à Lyon ou Grenoble d'une durée de 2 heures toutes les 6 semaines pour nous permettre de

  • travailler sur une technique du COS®
  • améliorer et/ou développer notre pratique (technique et posture) sur la base de cas proposé par un membre du groupe
  • promouvoir le COS® dans la région
  • vendre le COS® à nos clients

Les dates des prochaines réunions se décident en ce moment, la prochaine aura lieu sans doute en Fév. La suite donc au prochain numéro !! »

CR : Merci Thierry, donc RDV est pris. A bientôt pour la suite de vos travaux.

Les coachs solidaires du réseau sont en marche vers les apprentis d’Auteuil. Anne-Sophie nous raconte :

CR : Anne-Sophie, tu fais partie de l’équipe des coachs solidaires qui vont intervenir auprès des Apprentis d’Auteuil cette année, qu’est-ce que tu as remarqué chez les personnes de l’équipe des référentes ?

AS : - L'équipe des responsables qui nous ont accueillies est très ouverte d'esprit et intéressée par le projet.

CR : vous avez beaucoup travaillé sur le formalisme de l’intervention des coachs solidaires. Pour quoi faire ?

AS : Faire une charte et un contrat permet de cadrer les choses afin de ne pas faire n'importe quoi et pour que les personnes que nous allons rencontrer soient conscientes du sérieux de l'expérience.

CR : en tant que coach professionnel, comment vois-tu votre implication dans ce projet ?

AS : Du point de vue du coach, cela promet d'être une aventure et va certainement l'amener à évoluer aussi énormément de son côté et de réfléchir à ses limites.

CR :- Je crois que la supervision sera solidaire aussi, vous avez rencontré Philippe Bigot pour en discuter, qu’as-tu retenu de vos échanges ?

AS : Philippe a soulevé un très bon point au sujet de la gratuité du coaching solidaire. La question est "comment est-ce que le coaché va recevoir cette gratuité ? Est-ce une dette pour lui ?".

CR : merci Anne-Sophie pour cet échange, bons rendez-vous avec les coachés solidaires, et à bientôt pour nous donner des nouvelles.

Plumes ouvertes

Le coach du Père Noël est certifié COS®… Nous l’avons rencontré.

Propos recueillis par Cécile Colomby-Manhes

L'autre jour, à l'heure où fleurissent les lumières aux fenêtres et les Pères Noël aux balcons, celui qui tentait de gravir la face nord de l'immeuble a décroché et est venu se vautrer sur mon balcon : stupeur, d'abord de mon vieux chien puis de l'ensemble de la maisonnée… Heureusement Romuald, son renne préféré ne l'avait pas suivi !

photoAprès quelques explications, notre bonhomme m'annonça qu'il se prénommait Silvio et qu'il cherchait un … coach !

Quel cadeau : coacher le Père Noël ! Mon hésitation fut de courte durée, et je pris donc mon air le plus professionnel pour lui assurer qu'il était au bon endroit !

C'est vrai, quoi, on ne se pose pas assez souvent la question : le père Noël n'a-t-il pas, lui aussi envie de changer ?!

Il se cache toute l’année pour ne pas assumer ses responsabilités.
Il ne paie pas ses impôts.
Il boit.
Il fait croire aux enfants qu’il apporte les cadeaux.
Il vit avec des lutins mineurs.
Il maltraite des rennes.

Et cerise sur la bûche, il se fait doubler par le vendeur de Zalando qui hurle à tout bout de cheminée !

Et malgré tout, il est toujours plébiscité par des millions de fans…

A suivre.

La crise-tic est aisée …changer de regard est difficile

Par Hélène Lefebvre

Les temps sont durs, la crise nous guette, nous mange déjà. Avec son lot de faillites, de fermetures, de licenciements, de récessions, de déficits, de restrictions. Les média en sont sûrs, et nous le prouvent. Les scoops s’enchainent et les magasines s’empilent. Ils annoncent : tout va mal. Pas de répits. Alors, à quoi bon ? Soyez abattus !

Pourtant, tout n’est pas perdu. En effet, entre temps, à coups de plans anti « Risques Psycho Sociaux » (RPS pour les intimes), qui se fendent de formations et autres méthodes corrélées au « bien-être au travail », les DRH tentent, avec plus ou moins d’ardeur, de ragaillardir leurs troupes. Soyez heureux !

Cependant, souvenez-vous… Catherine Blondel nous prévenait dans une précédente newsletter : « […] les vivants, salariés, clients, imparfaits, ratés, déprimés, fatigués, démotivés… résistent aux échelles de stress comme aux évaluations du bonheur. Et s’ils ne voulaient pas qu’on veuille leur bien tout simplement ? »[1]

Et effectivement, regardez : au milieu de toutes ces déprimes, certains résistent. Des salariés refusent la fatalité économique que leur imposent les règles intangibles des actionnaires insatiables, et plantent piquets de grèves ou rachètent leurs entreprises. Le pot de terre contre le pot de fer ? Des entrepreneurs continuent de créer. Des doux rêveurs ? Les coachs continuent de trouver des clients qui ont envie de solutions. Des fous ? Ecoutez ce que vous êtes !

Nous sommes entourés de gens qui doutent, qui refusent la fatalité affichée, qui regardent sous les jupes des filles (clin d’œil à Souchon, si vous permettez). Qui sont insensibles aux injonctions médiatiques. Qui regardent la grisaille quotidienne et y voient des couleurs. Qui sont foncièrement optimistes. Qui ont une propension au bonheur. Qui ont la force du choix. Qui ne veulent pas qu’on fasse leur bonheur : ils font leur bonheur. Ils font leurs bonheurs.

Chacun le sien. Chacun les siens. Et ils sont partout ces petits bonheurs. Pourvu qu’on soit attentif, en veille, prêt à les attraper. Nous, coach, savons bien qu’un changement de regard, et déjà, le chemin redevient praticable. Nous glissons un doute, et la grisaille devient autre chose. Chacun la sienne. Autrement.

Cessez de résoudre des problèmes, trouvez des solutions ! Cessez de lutter contre la crise …


[1] Catherine Blondel in Seigneur, délivrez nous du bien être eu travail, Newsletter COS® n° 4 de décembre.

Vacances à encadrer … Clic, clac, merci coaching !

Par Joëlle Bernier

Bleu, vert, jaune, mer, verdure, soleil : le paradis sur terre existe. J’y ai posé mes pieds nus lors de mes vacances en Méditerranée. Un cadre splendide… l’eau et la montagne à perte de vue, pas tenu à des horaires (on est en vacances), on fait un peu ce qu’on veut quand on veut et où on veut ; enfin, pas besoin de vous faire une photo, vous voyez de quoi je parle ?

Et je me laisse aller dans ce cadre enchanteur où il est futile de résister à prendre toutes les photos de la terre devant cette étendue de beauté magique qu’on ne voudrait oublier pour rien au monde… des tas de photos en ribambelle … Au cas où on louperait quelque chose, on n’aurait pas vu, alors clic, clac pour nous aider au souvenir …

A en oublier le cadrage...

photoPhoto après photo je me laisse encadrer par cette idée. En effet, je ne peux m’empêcher de faire un lien avec le travail personnel que je réalise pas à pas sur le cadre et le coaching… Car j’ai deux amours : la photo et le coaching… et mon amoureux. Oui, ça fait trois, mais c’est quelqu’un qui m’a dit que ma notion du cadre était parfaitement maitrisée en théorie, mais que le côté pratique pourrait à l’occasion laisser à désirer…

L’œil dans le viseur, mon esprit est au coaching… Qu’est-ce que je vais choisir entre cet arbre splendide, cette eau sublime, cette fleur éclatante et mon amoureux ? Mais dites-moi … qu’est-ce que je photographie donc ?

Sur quoi vais-je mettre le focus ? Sur quoi vais-je m’arrêter ? Jusqu’où vais-je prendre du recul ? Qu’est-ce cette photo voudra dire ? Quelles sont ses limites ? Fini ce laisser aller ! Faisons cap sur le cadre : le moment, le lieu, le sujet … Je choisis donc d’en faire moins, de les cadrer, qu’elles aient du relief, du sens, de la lumière et de l’émotion.

Clic, clac, je les ai un peu mieux cadrées… J’en mettrai dans mes coachings. Merci vacances !

A nos valeurs !

Par Cécile Colomby-Manhes

Fin des valeurs ou évolution des valeurs ?

Cela fait bien longtemps que chaque génération reproche à la précédente la déliquescence des valeurs et que l’on en diagnostique la fin.... En politique, il y a deux sortes d’actions : celles qui portent sur les règles et les contraintes de la structure économique et sociale, et celles qui portent sur les "marges" symboliques de ce système. Aujourd'hui, il y a d’un côté la puissance des marchés qui amène à ce que tout soit réduit à sa contrepartie financière ; et de l’autre le doute qui amène à une contestation croissante de cette toute puissance. Nous nous trouvons actuellement entre les deux, au milieu du gué, d'où le sentiment de perte des valeurs.

Et peut-on vivre sans valeurs ?

Les valeurs motivent notre attitude, elles sont les principes majeurs qui guident nos vies. Elles constituent la base de nos motivations et de nos comportements, elles nous permettent de faire des choix, elles sont donc indispensables. Pour vivre ensemble, que ce soit en société ou dans le monde du travail, cela impose que l'on partage un certain nombre de valeurs, que l'on adhère à un certain nombre de principes, et que l'on se soumette à un certain nombre de règles. Mais les valeurs évoluent, et certaines peuvent disparaître ou s’affaiblir au profit de nouvelles valeurs émergentes.

Nous sommes aujourd’hui engagés dans un vrai changement social collectif. Celui d’une époque en pleine mutation : La volonté d’une société plus civique et plus juste– avec les valeurs qui y sont liées (solidarité, partage, liberté…), sont caractéristiques de cette période en crise. On sait ce qui ne va plus dans le système mais sans savoir par quoi le remplacer, les valeurs de solidarité sont donc un moyen d’éviter la dérive. Le désir d'un retour à l’essentiel, d'une unité avec la nature, le besoin de sens, sont des valeurs proches des principes du développement durable, et ce besoin de spiritualité, de sens correspond à l’expression de nombreux signaux faibles du moment : engouement pour la méditation, pour le naturel, spiritualités à la carte … Nous sommes tous gagnés par ces émergences, que ce soit à 10% pour les uns ou à 90% pour d’autres, et qu'en est-il de leur adéquation avec les valeurs républicaines, autrement dit de la satisfaction de l'intérêt général et la cohésion sociale ?

Faire vivre les valeurs

Rassembler les hommes autour de valeurs partagées qui ne soient pas que professées requiert avant tout de se poser quelques questions : Partageons-nous une vision commune? - "Que voulons-nous faire ? Que voulons nous devenir ?" - "Avons –nous les mêmes priorités ?" - Avons-nous un imaginaire commun ? - "Que sommes-nous là pour faire ensemble ?" - Comment mobiliser les énergies ? - "Nous autorisons-nous à nous faire confiance ?" - "Laissons-nous la place à l'initiative ?"

La coopération : une réponse face à la souffrance au travail

Par Claire Delepau

Commençons par un constat

Le travail, selon une enquête récente, est la deuxième condition du bonheur pour les Français, après la santé, loin devant la famille, et ce malgré le niveau de stress et de souffrance élevé déclaré par les Français lors des nombreuses enquêtes sur la santé au travail. La valeur travail n’a donc pas perdu du terrain contrairement à ce que certains auraient aimé laisser penser…

De quel mal souffre le travail ?

Après le taylorisme, le fordisme, l’organisation scientifique du travail et son approche disciplinaire du travail, beaucoup se sont enthousiasmés pour un management a priori plus humain, mettant en avant l’autonomie de la personne, l’évaluation au mérite, la valorisation de la responsabilité individuelle, le gagnant/gagnant… Or, si l’intention de départ ne semble pas critiquable en soi, les pratiques managériales et surtout leurs conséquences, deux à trois décennies plus tard, le sont manifestement. En cause notamment, d’après Vincent de Gauléjac (Cf Manifeste pour sortir du mal-être au travail), la culture de Haute Performance introduite dans les organisations par les grands cabinets de conseil du type Mc Kinsey. Cette culture de l’excellence et du dépassement de soi, qui prescrit l’idéal comme norme a, selon Vincent de Gauléjac, un impact mortifère sur la santé mentale des salariés: dépression, burn-out, épuisement, perte d’estime de soi, culpabilité de n’en faire jamais assez, disparition des espaces de respiration et de convivialité, nécessité pour les salariés de faire plus avec moins, surcharge de travail, colonisation de la sphère privée par la sphère professionnelle, souffrance éthique, rupture des solidarités liée à l’individualisation des rémunérations (selon Christophe Dejours)…et j’en passe. Et le phénomène n’est plus aujourd’hui le propre du secteur privé, la mise en place de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) ayant introduit une approche similaire au cœur de la fonction publique. Le problème relève donc bien aussi de décisions politiques.

Ces systèmes de management en vigueur depuis 20 à 30 ans sont d’ailleurs eux-mêmes causes et conséquences (Bienvenue en Systémie) – notamment - de 2 grands virages majeurs :

  • un virage politique : la financiarisation de l’économie des années 80 qui a précipité l’économie et la gestion dans un court-termisme aigue et une chasse aux coûts de tous les instants
  • un virage technologique : l’arrivée des NTIC dans les années 90 qui n’a fait qu’accélérer l’accélération.

Alors par où la sortie de secours ? La coopération !

Voilà donc qui nous (coachs) intéresse de près… Et c’est un chercheur en sciences humaine et sociale qui le dit. La coopération est ce à quoi nous pouvons nous atteler concrètement pour remédier à ce mal-être au travail.« Le moment me semble venu de convaincre aussi dirigeants et syndicalistes de l'importance de la coopération » déclare Christophe Dejours dans son dernier ouvrage « La panne ».

La coopération, selon ce dernier, est « la manière dont collectivement, les travailleurs réaménagent, réajustent la coordination (c'est à dire l'articulation des tâches telles qu'elle leur est prescrite) de manière à ce qu'elle soit efficiente ». Le fameux écart entre travail réel et travail prescrit n’est pas nouveau, et c’est bien dans l’interstice entre les deux que se loge la coopération, l’intelligence et le zèle. Se limiter à faire à ce qui est demandé à la lettre est de toute manière l'échec assuré, même l'armée le sait ! Qui dit coopération défaillante dit donc perte d’efficacité.

Or sur quoi repose la coopération ? Sur la volonté des différents acteurs de travailler les uns avec les autres et de surmonter les contradictions de l'organisation prescrite. Elle requiert, nous le savons, une confiance entre les membres d’un collectif. Cette confiance s’appuie notamment sur des règles co-construites, connues, partagées et respectées par tous, sur l’existence d’espace formel de délibération mais aussi sur l’existence d’espaces informels favorisant la convivialité.

Bref il faut accepter de perdre du temps (en apparence, car délibérer prend du temps) pour en gagner. Voilà donc l’un des défis de notre temps, et à court-terme, de quoi méditer pour nos vacances !