La lettre d’information

La lettre du Coaching Orienté Solution® n°23
Mai 2016

Mai 2016 | La lettre COS n°23

Le billet de Sandrine Clergerie

Poussé par une logique de rationalisation des ressources, le monde du travail est devenu multiforme. Il nous confronte à la notion de complexité, à son cortège d’incertitudes et d’agencement de logiques parfois contradictoires, nous invitant à innover. Ce qui signifie qu’une voie s’ouvre pour la recomposition et que s’instaurent de nouvelles dynamiques de travail, porteuses d’apprentissages et d’initiatives. Mais alors intervient la question du « comment », car la remise en cause d’habitudes de raisonnement et de fonctionnement, selon le cadre, peut générer le pire : chaos, désorientation et ambiguïté ; ou le meilleur : émergence d’une intelligence de situation fine et agile qui se réinvente au gré des fluctuations de l’environnement. Cela suppose de porter attention aux facteurs qui favorisent le plein essor de cette agilité, de constituer un terreau sur lequel puisse germer les ressources créatrices d’intelligence collective et de coopération. Face à la complexité et à la singularité des problématiques posées, le mode de raisonnement linéaire, les méthodes d’apprentissage classiques ont fait long feu et démontré leurs limites. Dans l’approche COS, la notion de solution est interdépendante de la notion de créativité. Voyez-vous se dessiner les perspectives ouvertes par l’orientation solution, son courant de pensée et sa méthodologie originale ? Au-delà d’une simple pratique, de par ses postulats, elle se présente comme une philosophie, un courant qui ne cherche pas à préempter les autres mais qui, au contraire, adopte une position dialectique permettant d’interroger d’autres possibles. De là à penser qu’elle ouvre une voie pertinente pour s’extraire d’une permanence interprétative et d’un mode « diagnostic » par essence limitatifs, il n’y a qu’un pas.

Reste à envisager un point de vigilance fondamental : au service de quoi met-on le déploiement de ces habiletés nouvelles ? Les mutations du monde du travail répondent à l’impératif du « toujours mieux, plus vite, moins cher et avec moins de moyens ». Autrement dit, à l’injonction de performance et de compétitivité contextuelle. Avec quelle place pour l’humain ? L’opportunité s’ouvre d’instaurer de nouvelles dynamiques de travail, il y a donc matière à réflexion, pour les professionnels du coaching, afin ne pas réduire ce mouvement prometteur à un résultat qui ne servirait que les intérêts des actionnaires. La question du « comment travaillerons-nous demain ? », largement relayée par les experts de tous bords, est intimement liée à celle du « pourquoi travaillerons-nous demain ? », moins débattue. Comme le signale à juste titre Daniel Vannier, Directeur Recherche et Progrès des Ressources Humaines du groupe Sodexo : « Le salarié ne peut être traité selon les seules lois de l’économie et du marché. Ce n’est pas une ressource comme les autres ». L’approche COS suscitant une réflexion continue sur les questions d’éthique, de cadre et de finalités d’action chez ses praticiens, je suis confiante quant à nos capacités à concilier innovation et intérêts collectifs.