La lettre d’information

La lettre COS n°11
Août 2013

Le billet de Philippe Bigot

Retour aux sources…

Participer à une journée d’étude entre coachs sur le thème du « sujet du coaching… coaching du sujet » n’est pas banal. En effet cette question, celle du « sujet », n’est pas inscrite dans le champ traditionnel des thèmes autour desquels les coachs se réunissent. Alors être venus beaucoup plus nombreux que d’habitude a d’autant plus de sens…

Disons que d’aborder le coaching du côté du sujet, d’envisager le coaching comme pouvant soutenir ce qui - en chacun - le fait advenir comme sujet, n’est pas à proprement parler une tendance dans le monde du coaching. A parler de « sujet » on se place dans le champ de la philosophie et de sa longue tradition autour de cette question. A parler de « sujet » on se place aussi dans le champ de la sociologie qui depuis quelques temps intègre cette notion dont pourtant elle s’est méfiée bien longtemps durant. A parler de « sujet » on se place également dans le champ de la psychologie. A parler du sujet on se place inévitablement dans le champ de la psychanalyse… La philosophie existentialiste, la sociologie, la philosophie du langage… proposent aux coachs de quoi penser leur pratique autant que d’ouvrir des perspectives à leur métier. C’est sur ces chemins qu’invite le coaching orienté solution®. Ce dernier a comme caractéristique particulière de proposer une démarche en dehors de voies tracées par une psychologie toujours plus présente, en dehors des sillons du « développement personnel » et de ses méthodes largement connues et régulièrement recyclées depuis un demi-siècle. La source même de toute discipline des sciences humaines et sociales est la philosophie. Pour développer sa « solution focus », Steve de Shazer a opéré ce retour aux sources philosophiques en se fondant essentiellement sur les travaux de Wittgenstein. Le « COS® » poursuit ce retour en l’élargissant. Revenir aux sources, réinterroger les savoirs qui fondent la pratique, réintégrer les concepts issus de différents champs disciplinaires vient constituer la dynamique du « COS® ». Son évolution ne tient pas à l’intégration de nouvelles techniques, de nouveaux outils. Son évolution tient en son élargissement et en sa mise en lien avec les autres disciplines, les autres modèles, les autres pratiques. Le COS® est une pratique et une pensée en mouvements qui ne peut s’accommoder de dogmes. A ce titre et au sens premier du terme, la pratique du coaching ne saurait être que « clinique », c'est-à-dire singulière, fondée sur la demande particulière et par là, à réinventer avec chaque personne accompagnée. Par son ancrage dans une approche systémique orientée par le constructionnisme social, le coaching orienté solution® trouve à interagir et à dialoguer avec l’ensemble des courants qui irriguent les pratiques de l’accompagnement et du coaching. La 10ème journée d’étude a cherché à illustrer ce parti pris en invitant un psychanalyste - également spécialiste du management - à commenter à mes côtés, la présentation de cas de coaching menés par des professionnels formés à la démarche du COS®. Autour de questions partagées, des points de vue ont pu être mis en perspective montrant l’enrichissement qu’autorisent le débat et l’interdisciplinarité. Les professionnels savent combien s’engager dans l’accompagnement, à la place de l’accompagnant, suppose un cheminement. C’est pour poser quelques jalons de ce cheminement, de ce retour aux sources que les « journées d’étude du COS® » ont eu lieu jusqu’ici et vont se poursuivre. Rendez-vous pour la 11ème Journée d’étude !

Philippe Bigot

Je tiens à remercier chaleureusement l’ensemble des contributeurs à cette « journée d’étude », Sandrine Clergerie, Christine Pansier, Pascal Adjej et Florian Sala. Merci aussi à l’équipe sans laquelle cette News n’existerait pas.

Des nouvelles du réseau COS®

Le 05 juillet 2013, à Toulon, nous avons fêté la 10°Journée d’Etude COS. Philippe nous a concocté un menu à la hauteur de l’événement :

  • Réfléchir sur la pratique du métier, du COS®
  • Travailler sur un thème riche, complexe, ouvrant des perspectives
  • Suivre les évolutions du COS® : la façon dont il se met en lien avec d’autres approches, disciplines…
  • Croiser les regards avec un co-animateur « non COS® »
  • Se retrouver, se rencontrer et partager…

Nous avons eu plaisir de nous y retrouver et d’échanger tout au long de la journée autour du thème du sujet …

Plumes ouvertes aux présentateurs de cas de coaching

La journée d’étude COS® a commencé par la présentation de trois cas de coaching en lien avec le sujet. Un travail de préparation très prenant et qui a permis des échanges très riches avec les deux intervenants de la journée, Florian Sala et Philippe Bigot. Nous leur avons demandé de nous faire un retour sur ce que cette présentation devant un public nombreux de pairs a produit chez eux. Voici ce retour. Nous les remercions d’avoir joué le « je » jusque là. – le comité rédactionnel-

Sandrine Clergerie

La journée d’étude « Coaching du sujet… Sujet du coaching » nous a offert de passionnantes variations sur le thème abordé. Friande d’espaces/temps atypiques dans un monde qui court, qui « performe » et qui produit (en abondance, mais on ne sait pas toujours quoi et à quelles fins) beaucoup trop vite pour moi, je ne demande qu’à faire durer le plaisir de l’échange.

Dans notre époque survoltée, il y aurait quelques notions à remettre au goût du jour : ralentissement, déploiement, plaisir, sujet désirant... Alors quel plaisir, cet « accident spatio-temporel » du 5 juillet, une vraie parenthèse enchantée. Du plaisir, j’en ai pris beaucoup à mettre en partage. Enfin, le plaisir prend acte aux environs de la fin de la présentation de mon cas de coaching. Avant, j’avoue avoir successivement souhaité être aphone/téléportée/frappée par la foudre/invisible… Finalement, je suis bien contente d’avoir résisté à ma pulsion de fuite, c’était une belle invitation à décoller de la boîte à outils pour revenir aux sources. C’était aussi une magnifique opportunité pour Christine, Pascal et moi-même d’enrichir notre pratique par les apports et les questions des participants, qui nous invitaient à d’autres voies de réflexion. Un grand merci à vous tous, et à Philipe Bigot et Florian Sala pour leur humour, leurs éclairages et leur générosité.

Chacune des approches évoquées lors de cette journée (sociologique, psychologique, philosophique, managériale et j’en passe…) possède sa logique d’entrée et de déploiement de la réflexion au sujet du sujet. Croiser les champs, c’est ouvrir à la diversité et à la richesse des points de vue. Ca ne facilite pas forcément l’entrée dans le « sujet » pour le néophyte, mais l’important, c’est que la matière mise en partage est dense et offre matière à réflexion.

L’individu est le produit d’une histoire dont il cherche à devenir le sujet ([1]). Il donne sens à cette histoire à travers le récit, construit ses médiations. Exercice d’autant plus paradoxal en nos temps instantanés, que l’individu se trouve, par les mutations de l’hypermodernité, « librement assujetti » : sommé de se construire, de se réaliser, là où auparavant il héritait d’un donné. Parallèlement, son cadre sociétal vacille. Que faire de cette récente liberté de choisir son destin ? Sommes nous tous égaux pour l’assumer, la déployer ? Et puis qu’est-ce qu’être libre ? Est-il question de n’être soumis à aucune loi, puisque ce sont celles-ci qui permettent un collectif vivable ? Ou simplement d’oser transgresser, parfois, le flux dominant, pour innover ou se sentir exister ?

Si l’on admet que la société produit des individus qui produisent la société, il est urgent de se demander à quel modèle de société nous souhaitons contribuer par notre pratique. C’est le cœur du réacteur. L’autonomisation, l’affranchissement, le franchissement, sont des processus qui permettent de mieux vivre avec soi, mais aussi de mieux vivre la relation à l’autre et aux différents systèmes que nous traversons. Processus qu’il s’agit bien d’accompagner dans l’espace du coaching. Coacher c’est, à mon sens, faire acte de reliance. Reliance à soi-même, car l’autonomisation est en premier lieu un défi personnel. Un franchissement de notre capacité à reproduire. Reliance à l’autre, au collectif : favoriser l’insertion tout en préservant la singularité et l’affirmation de soi. Reliance qui forge l’intelligence de l’action. Faire lien en lieu et place de la rupture qui échoie souvent à nos sociétés civilisées, toute à leur mythe de « l’information objective ». J’entends ici et là, peut-être parce que j’y suis réceptive, des frémissements de remise en question des fondements Cartésiens et du cloisonnement qui en découle : « diviser pour comprendre (Descartes), diviser pour produire (Taylor), diviser pour régner (Machiavel) » ([2]). C’est plutôt encourageant.

Je conçois notre métier comme un accompagnement au déploiement du sujet pensant, agissant et surtout, désirant. Le désir est le levier de l’action sur le monde environnant, mais que reste-t-il de cette extraordinaire puissance motrice chez l’individu hypermoderne, qui mélange bien souvent avoir et être, système oblige ? Voyons large, c’est une remise en perspective. Notre espace d’intervention, la sphère professionnelle, est sujette, elle aussi, à cette nécessaire recomposition. Le monde du travail constitue une structure de lien social fondamentale. Peut-être de façon encore plus prégnante depuis qu’il se fait rare et que les institutions qui furent notre socle se délitent. Il est question d’y retrouver du sens, de s’y frayer, comme nous y invite Reine Marie Halbout ([3]), une troisième voie, entre labor (travail châtiment) et opus (travail créateur). Il y a là, pour des praticiens orientés solution, comme un parfum de défi !

Je nous souhaite, à tous, encore beaucoup de moments d’exception comme cette journée du 5 juillet. En attendant, laissons nos esprits battre la campagne estivale, et que la moisson soit bonne.

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(1) V. de Gaulejac – L’histoire en héritage – Paris – Desclée de Brouwer - 1999
(2) M. Bolle de Bal - Déliance, reliance, liance : émergence de 3 notions sociologiques – Sociétés n°80 – 2003 – www.cairn.info
(3) R.M. Halbout – Savoir être coach. Un art, une posture, une éthique – Eyrolles. Editions d’organisation – Paris – 2009

Pascal Adjedj

Lorsque Philippe Bigot m’a demandé de présenter un cas de coaching lors la dernière Journée d’Etude COS®, j’avoue que la pression du temps, mes impératifs de travail m’ont plutôt fait hésiter. Cependant, j’ai très rapidement perçu les avantages d’une telle présentation.

Tout d’abord, pendant la rédaction j’ai pu voir le coaching réalisé sous un angle différent. La distance ainsi mise m’a permis de revisiter ma pratique : Qu’aurais-je pu faire autrement ?, Qu’est ce qui a été utile, réutilisable ?…

D’autre part, cela faisait longtemps que je n’avais plus assuré une prestation devant plusieurs dizaines de personnes. C’était intéressant de se regarder « parlant ». Enfin, c’était l’occasion de partager et d’échanger avec mes pairs. Cela m’a permis de « regarder en face » certains de mes propres angles morts et de me renvoyer un écho positif sur ma façon d’aborder les situations d’un point de vue déontologique.

Enfin, ma position de coach interne a suscité beaucoup d’intérêt, d’interrogation, d’étonnement. Ce qui m’a rappelé le confort « économique » à tenir cette fonction dans l’entreprise, mais également l’absolue nécessité de se maintenir dans un état stable et neutre face aux sollicitations des différents acteurs internes qui pourraient être tentés d’instrumentaliser le coaching.

En bref, vivement le prochain partage !

Christine Pansier

Présenter ce cas de coaching devant un public attentif a été une vraie opportunité de le revivre, dans l’interaction, avec un apport et une réflexion supplémentaires, de nouvelles dimensions, d’autres angles d’approche, de voir ce que soi même on en a retenu, comment on le synthétise… de nouvelles pistes de travail ont émergé, et de réflexion pour les prochains coachings. Se poser la question du sujet en termes de positionnement sujet – objet, de place, de prise de parole, de relation de pouvoir… ouvre d’autres perspectives que la simple recherche de solutions. Une autre dimension dans ce travail d’accompagnement, dans son propre positionnement professionnel.

Plumes ouvertes aux participants

Nous avons demandé leur sentiment à quelques uns de nos pairs présents à cette journée, qui ont bien voulu nous livrer leurs impressions, écrire un témoignage, partager deux choses qu’ils ont apprises durant cette journée d’étude. Voici ce retour. Nous les remercions d’avoir accepté de jouer le « je » du partage. – le comité rédactionnel-

Sophie Pipino

Apprentissages estivaux...

Il n'est pas de temps particulier pour apprendre, ni de saison préférée. Ce temps pendant lequel je suis apprentie est véritablement pur plaisir.

Et quoi de plus fort que de laisser au plaisir " la place " de s'immiscer dans ce processus d'acquisition, qui sous l'effet des interactions avec autrui et l'environnement nous enrichit encore un peu plus ?

C'est, aussi, de " la place du sujet " dont il me semble qu'il a été question ce 5 juillet 2013.

Je lirai d'ailleurs, avec envie, l'ouvrage d'Annie Ernaux, conseillé par Philippe Bigot.

J'ai aimé trouver une place pour moi dans cette journée, au milieu de chacune et chacun des participants et des intervenants.

J'aime pouvoir dire que j'y étais, à cette belle célébration d'anniversaires.

J'ai aimé toutes les rencontres faites, certaines retrouvailles et le partage d'expérience proposé par Sandrine, Christine et Pascal. Merci encore à eux.

Sur ces cas pratiques présentés, au delà de la notion de " pouvoir ", commune aux 3 cas, de cette " place " qui pose question, c'est aussi une notion de " dépendance au sein de l'organisation " qui m'a frappée et me parle viscéralement.

Le terme évoqué ensuite par les intervenants, Florian Sala et Philippe Bigot, de réification, a résonné très fortement en moi. Et pour moi toute la thématique de la journée s'articulait alors avec fluidité.

J'ai ressenti une complicité certaine entre les intervenants qui au delà de leur amitié ont su unifier des points de vue complexes entre le " pourquoi " recherché par l'un et le " comment " recherché par l'autre.... le trait d'union pouvant (entre autres) se trouver dans le " pour quoi " en deux mots.

Cette ligne de crête qu'évoque Philippe Bigot sur laquelle " le pour et le quoi " trouvent un équilibre?

Cela n'engage que ma perception des propos énoncés, bien entendu.

Voici, pour finir, quelques phrases couchées sur le papier en cette belle journée d'été, qui m'apportent de nouvelles pistes de réflexion :

  • " Il n'y a du sujet que là où l'affect est mobilisé... cela suppose que le corps soit mobilisé, cela doit être vécu. "
  • " Si la parole manque, il n'y a pas de sujet. "
  • " Être mère poule, c'est devancer la demande de l'autre, donc ne pas laisser " se parler " cette demande (cela peut-être violent pour l'autre)...cela empêche l'autonomie, et laisse place à la dépendance. "
  • " La notion de sujet implique tout le monde : accompagné et accompagnant. "
  • " Il y a du sujet, là où il y a de l'assujettissement....Quel rapport au pouvoir? "
  • " Il y a du sujet si nous sortons du chemin dans lequel nous étions assignés. "
  • " Il y a du sujet, là où il y a des réponses. "
  • " Cette capacité que nous avons à un certain moment de dire NON, c'est un NON du sujet. "
  • " L'autonomie devrait être considérée comme un processus et non comme une norme. "
  • " C'est par le langage que nous créons le monde dans lequel on vit. "
  • " Quand la parole du sujet est présente, on l'entend! C'est de l'ordre de l'authenticité. "

et enfin:

  • " Importance de la notion de place : le changement de place implique de " revisiter " l'identité dans cette nouvelle place : qu'est-ce qui est mis en " je " / " jeux " dans ce changement de place? "

En conclusion, « je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais que peu de choses ». Cela induit chez moi de nouveaux questionnements très stimulants pour poursuivre ma dynamique engagée ces dernières années.

Nathalie Imbert

Au menu de cette journée, j'ai trouvé :

  • authenticité et partage, bonne idée de nous faire réfléchir autour d'une présentation de cas...
  • écoute, avec des participants toujours aussi impliqués
  • et un humour bienvenu par cette chaude après-midi avec Florian Sala !

J'ai été interpellée par la proposition de Florian Sala : "le leader serait né deux fois"

Le vrai leader est né une seconde fois selon les manuels de management. Pour cela, il doit bien sûr avoir atteint une certaine sagesse qui, bien souvent, ne s'acquiert qu'avec l'âge. Mais, ici, cela sous-entend que le vécu traumatique d'un individu l'amènerait au besoin de surperformer et donc à devenir leader.

J'ai également renoté la nécessité dans le travail de coaching :

  • d'inviter le coaché à "arrêter de faire plus de la même chose" lorsque cela ne marche pas,
  • "de créer du déséquilibre pour trouver un nouvel équilibre"...

Tout ceci rejoint la conclusion de Philippe Bigot : "c'est dans le dépassement d'une situation que le sujet se révèle et que s'affirme une possibilité de liberté".

Belle continuation au COS® et à ses journées d'étude !

Joël Licciardi

Je suis certifié Coach Professionnel de la dernière promotion et j’ai particulièrement apprécié la journée du 5 Juillet. J’ai été épaté de constater que de nombreux coaches venaient d’assez loin, de Lyon par exemple.

Je l’ai compris à la qualité des échanges entre tous, dans une ambiance très cordiale, qui m’ont permis de connaître différents parcours de coaches plus anciens et de glaner une multitude d’informations professionnelles.

Je sors de mon parcours de certification et je suis persuadé qu’une telle journée est un moyen idéal pour se retremper dans le bain COS®, surtout si l’on n’a pas eu l’occasion de coacher récemment.

J’ai aimé l’angle d’attaque du coaching sur le thème original : « sujet ou objet dans les organisations » traité avec maestria par les intervenants. Une réflexion majeure m’a interpellé : « pour devenir les sujets de notre existence, nous devons nous dégager de nos dépendances » qui a illustré une citation de la journée de V. de Gaulejac : « L’individu est le produit d’une histoire dont il cherche à devenir le sujet ». Une bien belle journée. Vivement celle de 2014.

Remy Jourdan

"Jour anniversaire, jour de fête, journée d’études tout à la fois… une preuve de plus que travail et plaisir savent s’accorder bien mieux que nous ne le pensons.

Ce vendredi 5 juillet, le « COSsiste » ou « COSsien » ( ?) que je deviens a pu apprécier la qualité des interventions, entre « Ø » et « Ψ », entre abstrait et concret, avec point et contrepoint. Le double regard en effet, comme un jeu de réponses par rebonds, a permis de titiller nos neurones suffisamment pour faire oublier la chaleur pesante de l’une des toutes premières journées estivales de la saison.

Les coachs quant à eux nous ont apporté leurs témoignages si intéressants, si ancrés dans le réel, avec humilité, nous faisant partager leur démarche, leurs convictions, les choix qu’ils avaient opéré mais aussi et surtout leurs doutes, leurs questionnements, nous rappelant ainsi l’inévitable autant que constructive intersubjectivité, qui sous-tend la relation coach/coaché.

Il serait bien trop long d’énumérer tous les points intéressants qui ont été soulevés, d’autant plus que chacun en aura tiré un sentiment personnel, en fonction de ses propres représentations, mais qu’il me soit toutefois permis d’en évoquer un, celui d’ailleurs qui m’a fait intervenir lors des conclusions de fin de journée. Depuis longtemps et bien souvent en effet, on lit et l’on entend opposer le « pourquoi » et le « comment », la psychanalyse et le comportementalisme, les causes et les effets… On en oublie ce concept du TAO, dans la cosmogonie chinoise, qui nous présente le Yin et le Yang comme deux forces opposées et contradictoires, dont seule pourtant l’union crée l’énergie créatrice (le TAO), « mère des 10000 choses », c'est-à-dire de tout ce qui existe.

Il m’était donc particulièrement agréable d’entendre nos 2 intervenants, à 2 moments différents, évoquer la symbiose possible de ce « pourquoi j’ai du mal » et du « comment faire pour aller mieux ».

Dans un domaine où les courants de pensée prennent souvent l’allure de chapelles, merci à eux de n’avoir pas une seule fois confondu théorie et doctrine, paradigme et dogme.

Yin et yang, pourquoi et comment, travail et plaisir…décidément la complémentarité a des attraits qui ne lassent pas de me séduire. Mais ne dit-on pas dans cette Analyse Systémique si chère au COS, que « le tout est plus que l’ensemble des parties » ?

Bel été à tous. Que sa chaleur ne nous prive pas de rafraîchir nos idées…en bonne complémentarité."