La lettre d’information

La lettre COS n°10
Avril 2013

Le billet de Philippe Bigot

Du coaching d’organisation…

Le mot « coaching » à ceci de particulier que d’être utilisable à l’infini, il n’est pas si courant qu’un mot soit aussi « valise ». Depuis quelques temps maintenant, une nouvelle étape est franchie puisqu’il ne s’agit plus seulement de coacher des personnes. Les temps sont venus pour le coaching des organisations, et même, publication à l’appui, pour coacher la France ! Et ce n’est pas à canular…

Le « coaching d’organisation » fait florès dans l’offre de nombre de coachs, dans l’offre de formation pour coachs d’organismes et fait même l’objet de quelques publications. La nouveauté dont est porteur le « coaching d’organisation » sans parler de sa valeur ajoutée, in fine soulèvent plusieurs questions.

Sans entrer dans un inventaire exhaustif ni porter d’avis sur les pratiques déployées dans le « coaching d’organisation », il y a matière à s’interroger sur ce qui semble aujourd’hui apparaitre comme une évidence : le « coaching d’organisation ». Comme si coaching et organisation ça devait aller ensemble. Et que cette évidence vaudrait pour une vérité. Or pour un coach questionner les évidences et les vérités est un peu comme une seconde nature…

L’introduction du « coaching d’organisation » vient mettre en perspective ce qui caractérise le coaching dans sa définition, son objet et ses finalités : c’est à dire la personne. Alors que le coaching se range du côté des dispositifs d’accompagnement de la personne et se fonde par-là même sur la relation, l’altérité, l’intersubjectivité, l’échange, le langage… entrainant ainsi que seule la personne peut être coachée ; et mieux encore, qu’elle est la finalité même du coaching. Parler de coaching d’équipe fait toujours et encore débat. Pourtant il s’agit de coaching avec des personnes dans un collectif. Bref, nous trouvons dans le coaching d’équipe tous les ingrédients nécessaires à ce qui fonde le coaching comme pratique d’accompagnement.

Alors si le terme coaching est soutenu par ce qui en fait sa singularité dans le monde professionnel : relation, altérité… qu’en est-il pour l’organisation ? Certes dans l’organisation, il y a des personnes mais à poser « coaching d’organisation » on pose que la finalité du coaching est l’organisation. C’est du reste ainsi que Michel Moral dans son ouvrage coaching d’organisation (édition Armand Colin collection 128) s’emploie à le définir : « vise à développer la capacité de l’entreprise à inventer par elle-même ses propres solutions… ». Sauf qu’à nommer « organisation » ou « entreprise » on parle d’une abstraction, de représentation qui certes produisent des effets bien réels mais n’en restent pas moins des abstractions. Une organisation n’est pas un sujet mais un objet, une entreprise ne parle pas. Ses acteurs oui, ce qui n’est pas sans nous renvoyer alors, au coaching des personnes…

Suffit-il, comme le laisse entendre la définition de Michel Moral, que « l’entreprise » trouve par elle-même ses solutions pour qu’il y ait coaching ? Et en reprenant autrement la question, est-ce le fait d’aider à trouver en soi-même (et par soi-même) la solution qui caractérise le coaching ? Répondre par l’affirmatif serait un peu rapide d’autant qu’il y a bien d’autres formes d’accompagnement qui ne sont pas du coaching et qui renvoient l’accompagné à lui-même et à ses propres solutions…

Comment soutenir le « coaching d’organisation » et sa finalité si ce qui fonde la nature et la finalité du coaching n’y sont pas présents ?... Car comment dialoguer avec une organisation… si ce n’est avec ses acteurs qui ne sont pas l’organisation… Il y a avec le « coaching d’organisation » quelque chose de paradoxale ou tout simplement d’inadéquat. La question que pose le « coaching d’organisation » est bien celle de la nature et de la finalité du coaching.

Des nouvelles du réseau COS®

Le 05 juillet 2013, à Toulon, nous fêtons la 10°Journée d’Etude COS. Philippe nous a concocté un menu à la hauteur de l’événement :

  • Réfléchir sur la pratique du métier, du COS
  • Travailler sur un thème riche, complexe, ouvrant des perspectives
  • Suivre les évolutions du COS : la façon dont il se met en lien avec d’autres approches, disciplines…
  • Croiser les regards avec un co-animateur « non COS »
  • Se retrouver, se rencontrer et partager…

Et bien d’autres raisons encore de s’y retrouver …

Plumes ouvertes

Problèmes : fiction ou réalité ?

Par Marie Cabellan

Voici un texte de Dayana que j’ai envie de partager avec vous, que j’ai lu et apprécié sur le site //www.etrete.com/ .

Ma motivation première était surtout de partager un texte d'inspiration spirituelle et méditative qui me semble résonner avec certains principes du COS® et peut donner un éclairage selon la lecture que chacun en fera.
Pour moi il faisait écho au principe que le problème est une construction plutôt qu'une réalité et que le repérer chez soi ou chez l'autre, incite à la "présence à ce qui est", dans la posture du coach....ou dans la vie......tout un programme! »

Qu'est-ce qu'un problème? La plupart du temps quand on parle de problème c'est que l'on réfère ce qui se passe à un modèle et que ce qui se passe est différent de ce modèle. Quand cette différence n'est pas acceptée cela devient un problème. Qui dit problème, dit besoin de changer les choses pour retrouver le cadre référent donc volonté à solutionner le problème.
En réalité, il n'y a pas de problème à résoudre. Les choses sont ce qu'elles sont, elles se placent d'elles même, répondant à une globalité régie par une source en amont. Cette source est soit issue de l'Unité (ou du Soi) et répond alors à l'intelligence innée de la vie soit est issue du rêve de dualité c'est à dire du "moi égotique" et vient entraver le bon déroulement de cette intelligence naturelle. Un peu comme si l'expression du Soi c'est l'ordinateur tout neuf qui fonctionne parfaitement et l'expression du moi, le virus qui vient en entraver la bonne marche.
Personne ne fait quoique ce soit.
Vouloir résoudre un problème avec volonté de changer les choses, c'est comme essayer de réorganiser les reflets dans le miroir.
La notion même de problème indique donc un refus de la réalité et implique un désir de changement qui part d'une volonté personnelle égotique. Cette volonté personnelle se concrétise par toutes les stratégies mentales qui représentent la quête du changement.
En partant de ce désir de changement des phénomènes, on part d'un postulat erroné qui appartient déjà au rêve mental. L'action générée ne va donc se faire qu'à partir du rêve. Le rêve se maintient et rien ne peut vraiment évoluer. Le rêve cherche à se changer lui-même: impossible.

Ce qui se passe donc, sous le vocable problème, c'est le refus de la situation et cela génère de la souffrance. La souffrance indique toujours un positionnement englué de la conscience sur une (des) illusion(s) ou conditionnement mental.

Pour retrouver la clarté il s'agit de partir du bon endroit.
Au lieu de rester fixé sur l'idée "problème" et sa recherche de résolution, l'invitation est de porter le regard sur le vécu direct, sur les faits réels que pointe le dit problème.
L'écoute observation de ce qui est, est la seule façon de repositionner le regard-conscience au bon endroit.
Ecoute-observation est synonyme de présence, de conscience, et est auto suffisant. C'est une écoute -observation libre sans attente ni préjugée, sans interférence, la même que celle du scientifique qui regarde évoluer l'expérience qu'il a lancé ne sachant pas ce qui va se produire.
L'observation va se porter tout d'abord sur les faits, sans état d'âme, tels qu'ils pourraient être énoncés par un journaliste, puis sur la correspondance du vécu corporel ressenti face à chacun de ces faits. Enfin l'attention prend note des interprétations mentales éventuelles et leurs conséquences possibles sur le corps (donc réactions sensorielles secondaires) face à chacun de ces faits.
Ainsi la présence à ce qui est permet de voir d'abord ce qui se passe dans le corps, puis dans le mental et donc le lien de cause à effet entre les 2. Il apparait bien vite que la pensée qui parle du "problème" est celle qui génère toutes les tensions et crispations de souffrance. En observant le lien direct entre le problème (énoncé) et la souffrance (vécu) cela amène le regard à explorer le contenu de la pensée "problème" par sa mise en doute. Cette exploration procède de la même manière en observant et en confrontant d'une part le vécu direct pointé par la pensée (faits et expressions corporelles) et d'autre part tout ce que le mental en dit. Cette confrontation dévoile à son rythme le réel de l'imaginaire révélant l'imposture de la pensée qui était prise pour la réalité. La conscience qui s'était fixée sur ce rêve s'en libère et ainsi se déconditionne.
C'est ce qu'on appelle "prise de conscience". Les choses et situations se réorganisent alors d'elles même, éventuellement, sous la direction de la clarté retrouvée sans personne qui ne fasse rien.
Eventuellement car parfois la prise de conscience de tout ce cheminement révèle que rien n'a besoin de se modifier, seule l’interprétation était souffrance, les phénomènes posés étaient eux-mêmes issus de l'Unité.

Seul le regard, écoute-observation a pouvoir de transformation, il est impersonnel et ne se réfère qu'à lui-même: pure conscience.
Débloquer le regard crispé sur l'illusion est la seule efficacité pour faire évoluer une situation souffrante. Tout ce qui attire l'attention dans ce sens est la bonne direction, lectures, enseignements, accompagnements par un tiers, auto questionnement. Une place particulière est à donner à la souffrance elle-même qui est le principal moteur amenant le regard à "s'interroger" sur la justesse de qu'il regarde.

Ainsi en résumé, on peut dire que vouloir changer quelque chose ou une situation parce qu'il y a problème est une erreur. La position juste est de s'intéresser au vécu direct nommé problème par le mental. Refus et souffrance sont alors débusqués. Dès lors qu'il y a souffrance, c'est qu'il y a croyance non vue en arrière-plan. L'attention se porte alors sur les faits, sur ce qui se passe entre le corps et le mental puis sur le contenu mental par sa mise en doute. Cette attention, regard qui n'est autre que la conscience elle-même, va lever l'imposture de la pensée par rapport au réel et permettre éventuellement aux choses et situations de se réorganiser en fonction de la clarté retrouvée.

Présence consciente à ce qui est, à ce qui se passe est auto suffisant et à chaque instant disponible.
Présence habitée est le plus sûr garant de la disparition de tout problème et même de l'impossibilité à vivre ce qui se passe en tant que problème. Dès que la vie n'est plus vécue comme un problème plus rien n'empêche de pleinement goûter ce qui est sur un fond de quiétude retrouvée, sans faille.

Il était une fois le Conte… Orienté Solution…

Par Joëlle Bernier

Les frères Grimm, nés à la fin du 18ème grammairiens, linguistes, qui avaient la passion de l’histoire de la littérature et des langues. Ce qui les amena à étudier et collecter des contes populaires jusque-là transmis par voie orale. Nous les connaissons aujourd’hui pour leur recueil de contes populaires allemands, les fameux « contes de Grimm ».

Ce que nous apprend le conte, au-delà de nos yeux d’enfants émerveillés que nous savons parfois réveiller, c’est l’existence. Du latin « existensia » venant de « ex » (hors de) et « sistere » (être placé) : être hors de la place, du lieu, autrement dit le fait d’être en dehors de tout lieu, le fait « d’être d’une manière absolue ».

Le conte nous apprend qu’en chacun de nous, le roi, le héros et la fée existent, et qu’à tour de rôle nous pouvons être le roi, le héros ou la fée de l’autre.

Le roi demande, mais ne peut rien faire, alors appelle le héros. Le héros adhère, agit, mais n’accède qu’à l’infini des possibles grâce à qui ? La fée ! Evidemment sous certaines conditions car les chemins de la vie ne sont pas si faciles à arpenter… rentrer avant minuit (Cendrillon version Perrault)… porter sa peau d’ours (l’homme à la peau d’ours)... donner son enfant à la sorcière (Raiponce)… Car la fée se fait parfois sorcière, vieillard, parfois le Diable…

Et c’est dans l’échange entre le roi, le héros et la fée, que les solutions foisonnent… (Coaching Orienté Solution®… mais celui-ci, comment chacun sait, n’a pas encore été collecté par les frères Grimm) Le conte nous apprend que pour faire face à nos « monstruosités » (étymologiquement qui montre quelque chose d’absurde, en manque d’harmonie…), nous devons faire preuve d’ouverture, consentir à un amour inconditionnel qui nous fera tenir jusqu’au bout…

Le conte nous apprend que les parties négatives, médisantes n’ont pas lieu d’être dans notre univers (« Elles » meurent souvent à la fin du conte...) et que la générosité et le partage inconditionnels sauvent les êtres les plus meurtris.

Le conte nous apprend qu’un seul OUI peut suffire à s’émerveiller, à se mettre en action, le « oui » du cœur qui face aux « non» (ils sont souvent plusieurs « non » face à un seul « oui » libérateur) nous amène à nous aimer, à nous souvenir de qui nous sommes réellement au fond de nous, au-delà de nos monstruosités apparentes.

Le conte nous apprend à écouter, nous ouvrir aux autres, à faire alliance (voir les métaphores des anneaux cassés puis réunis dans le conte « l’homme à la peau d’ours ») quand la nécessité d’un nouveau souffle permet de poursuivre sa vie alors que nous nous sentions prisonnier… Alors poursuivons ou reprenons nos lectures de conte, l’œil plus aguerri, le cœur plus ouvert, ils sont, à l’instar des mythologies, sources possibles d’enseignements et d’échanges entre coachs, pour en faire bénéficier nos coachés en les orientant vers un changement. Car à travers des métaphores, certes pas toujours évidentes à comprendre et offrant diverses interprétations, mais plus belles les unes que les autres, chaque conte forme une partie du kaléidoscope de notre existence et du pouvoir que nous avons en nous pour changer…

En attendant, et pour vous tenter, voici le début du conte « L’homme à la peau d’ours » (conte de GrImm). Si vous songez que chacun d’entre nous a sa peau d’ours à porter, vous entreverrez les espoirs que nous pouvons avoir à regarder au-delà de ce « costume »…

« Il y avait une fois un jeune gaillard qui s'était engagé dans l'armée et qui s'y comporta vaillamment ; il était toujours le premier à l'assaut quand les autres hésitaient sous les balles. Tant que dura la guerre, tout alla bien pour lui ; mais une fois la paix conclue, il reçut son congé et s'entendit signifier par son capitaine d'aller où bon lui semblerait. Ses parents étaient morts ; il était sans foyer. Alors il se rendit auprès de ses frères, auxquels il demanda de l'héberger jusqu'à la prochaine guerre.

- Que veux-tu que nous fassions de toi ici ? lui répondirent les frères, qui avaient le cœur sec et dur. Tu ne peux nous être utile en rien, et tu n'as qu'à veiller toi-même à te tirer d'affaire. Nous ne pouvons pas t'aider.

N'ayant à lui rien d'autre que son fusil, le soldat se le mit à l'épaule et s'en alla par le vaste monde. Arrivé dans une grande plaine où il n'y avait qu'un seul bouquet d'arbres, il s'y achemina et s'y laissa tomber tristement à l'ombre, songeant à son misérable destin. « Sans argent, sans métier, que puis-je devenir ? se disait-il. Je ne sais que combattre, et maintenant que la paix est conclue, ils n'ont plus besoin de moi. Hélas je vois qu'il faut crever de faim ! »

Entendant tout à coup un bruissement derrière lui, il se retourna et vit un inconnu planté là, tout habillé de vert, l'air cossu, mais avec un pied de cheval du plus affreux effet.

- Je sais déjà ce qu'il te manque, déclara l'homme. L'argent et le confort : tu en auras autant que tu voudras et pourras en vouloir ; mais il me faut, avant, savoir si tu n'es pas poltron, car je ne tiens pas à gâcher mon or.

- Peureux et soldat, cela ne va pas ensemble, répondit-il. Tu n'as qu'à me mettre à l'épreuve.

- Parfait, dit l'homme : retourne-toi !

Le soldat regarda et vit un ours de grosse taille qui arrivait sur lui en grognant furieusement.

- Holà ! s'exclama le soldat, je vais te passer ton envie de grogner en te chatouillant un peu le nez à ma manière !

Épaulant et tirant, il toucha l'ours en plein museau et l'abattit au sol, où il resta sans bouger.

- Il est clair que tu ne manques pas de courage, dit l'homme inconnu ; mais il y a encore une condition à remplir.

- Tant qu'elle ne nuira pas à mon salut éternel, dit le soldat, qui avait bien compris à qui il avait affaire, je n'ai rien contre.

- Tu en jugeras par toi-même, rétorqua l'homme vert. Au long des sept années qui viennent, tu dois ne pas te laver, ne pas te peigner les chevaux ou la barbe, ne pas te couper les ongles et ne dire aucune patenôtre ; et puis le costume et le manteau que je vais te donner, tu devras les porter tout le temps. Si tu meurs dans le cours de ces sept années, tu es à moi ; si tu restes en vie, par contre, tu seras libre et riche jusqu'à la fin de tes jours.

Le soldat repensa à sa grande misère actuelle, et comme il ne craignait pas la mort, lui qui s'y était exposé si souvent, il décida de prendre le risque cette fois encore et accepta la proposition. Le Diable enleva son habit vert pour le lui donner.

- Tant que tu porteras cet habit, lui dit-il, tu auras de l'or en poche, même si tu le dépenses à pleines mains.

Ensuite, il prit la peau de l'ours, qu'il dépouilla en un tournemain, et il la lui remit.

- Ce sera ton manteau et ton lit, lui dit-il. Tu ne dois pas dormir autrement, ni te couvrir avec autre chose. Mais ce costume te vaudra d'être appelé partout Peau-d'Ours.

Ces mots dits, le Diable avait disparu.

Le soldat revêtit l'habit vert et mit aussitôt la main à la poche : c'était exact, l'or y était. Il se jeta ensuite la peau d'ours sur le dos et partit dans le vaste monde, où il ne se priva pas de rien de ce qui pouvait lui faire plaisir, et que lui procurait l'argent. Et je vous prie de croire qu'il s'en donna à cœur joie : tant que cela lui faisait du bien à lui et du mal à sa bourse, il pouvait y aller!

Pendant la première année, ce fut encore supportable, mais déjà la seconde année, il avait l'air d'un monstre : ses cheveux lui retombaient jusque sur la figure, la cachaient à moitié ;»

Pour lire la suite : //feeclochette.chez.com/Grimm/ours.htm
Bonne lecture…

Supervision : superflue – super flux – super vision – super solution ?

Par Hélène Lefebvre

Je vous propose une réédite sur la supervision, parce qu’en groupe de pairs, la question de son utilité est présente et redondante.

La supervision du coach : une (dé)marche utile vers le « rester coach ».

Le coach en « devenir » reste une personne, avec ses désirs et ses fantasmes. Pour que sa sphère personnelle et intime – légitime et incontournable -n’interfère pas (trop) dans le champ de travail de la personne coachée, le coach orienté solution, pour le « rester », doit s’impliquer dans un travail personnel qui inclus un travail sur sa démarche professionnelle, dissocié du travail possible en groupe de pairs avec lesquels il s’agit d’échanger sur son style de coach avec d’autres pour s’ouvrir sur d’autres procédés et principes.

La supervision du coach, une garantie pour la personne coachée :

La supervision n’est pas un espace thérapeutique. Certes, cet espace exigeant implique une certaine nudité intellectuelle de la part du supervisé, et cet effort de déshabillage s’accentue lors de supervisions collectives. Mais il ne s’agit pas pour le superviseur de soigner les blessures. Il a une fonction d’éclaireur, sur les angles mort du coach, et sur les options de travail en situation de coaching.

La supervision comme coaching du coach ?

Le coaching est une démarche qui emmène le bénéficiaire vers son objectif professionnel. L’objet de la supervision ne repose pas sur l’atteinte d’un objectif par un travail de questionnement alterné d’expérimentations. Il s’agit de venir avec ses expériences pour les confronter à une personne capable de les accueillir dans le but d’en faire quelque chose d’aidant pour sa pratique de coach. Il peut donc s’agir de pistes de travail pour la personne accompagnée par le supervisé, comme des pistes de travail pour le développement de l’activité du supervisé, et des pistes de travail thérapeutique pour la personne supervisée.

La supervision, une forme de méta coaching :

La supervision permet au coach de remettre sans arrêt sa pratique en question. Il s’agit de questionner sa manière de pratiquer, sa déontologie, son approche de l’Autre, ses valeurs. C’est un travail qui permet de sortir de sa zone de confort, il s’agit de se remettre en question, de se regarder pratiquer. Ce n’est ni facile ni rassurant. Ca permet au doute de s’immiscer dans les certitudes. Or plus on pratique, plus le risque de glisser et de s’installer dans la routine se renforce.

La supervision, la voie vers d’autres possibles pour le coach

Rester dans le cadre, ce n’est pas se restreindre au cadre, c’est s’obliger à occuper tout l’espace que contient le cadre. La supervision donne un cadre à l’expérimentation du cadre. Et invite le coach à se confronter aux limites. Pour mieux les connaitre. Et se sentir libre à l’intérieur.